Nous débarquons dans une Santa Cruz noyée sous la pluie, ce après un interminable voyage en bus d'environ 17 heures. Le chauffeur de taxi nous emmène vers le centre où nous trouvons rapidement un hôtel.
La visite de cette ville située aux portes de la forêt amazoniene ne se fait pas sans nous rappeler notre passage à Puerto Maldonado. Avisant un cinéma, nous nous y rendons l'après-midi pour suivre les aventures de Tintin.
Il est temps de tirer un bilan sur cette aventure bolivienne et autant dire qu'il est plus que positif.
Moins touristique que le Pérou, la Bolivie me semble avoir conservé un peu mieux ses traditions tant coutumières que vestimentaires. Les gens m'ont semblé plus spontanés et Blandine et moi resterons marqués par notre expérience humaine dans nos orphelinats respectifs ainsi que par le mois passé auprès de Sandra et sa gentille famille.
Notre passage en Bolivie aura été également marqué par la visite d'un détachement scout venu exprès de Suisse! J'ai ainsi eu le plaisir de rencontrer Michaël et Aurore et ai pu connaître un peu mieux les deux soeurs de Blandine, Adélie et Méris (et ne sors pas trop traumatisé par cette expérience ^^).
L'artisanat est incroyablement varié est joli ici et l'on craque facilement d'autant que les prix sont les plus abordables du continent. Demandez donc à ces demoiselles qui ont partagé notre aventure de vous montrer la quantité de souvenirs qu'elles ont ramenés dans leur sac!
Pour ma part, la Bolivie fut un vrai pèlerinage en tant que musicien. J'en reviens avec une quantité impressionante d'instruments folkloriques ainsi que le souvenir d'avoir assisté au concert des Kjarkas.
Ce tableau ne serait pas complet sans vous parler des paysages aussi somptueux qu'improbables que nous avons traversés, lesquels vous donnent l'impression de ne plus fouler le sol de cette bonne vieille Terre mais d'être parti vers l'infini et au-delà.
Je n'oublierai pas non plus la visite des mines de Potosi, expérience riche qui remet sacrément en question la phrase "j'ai travaillé dur aujourd'hui".
En conclusion l'aventure bolivienne nous a beaucoup plut et même si nous commençons à rêver un peu à notre retour en Suisse, l'Argentine et ses terres sauvages, ses traditions et sa bonne viande nous attend pour de nouvelles aventures jusqu'à Ushuaïa (mais pas au-delà)!
Nous nous réjouissions de visiter Sucre, la ville blanche (même si son nom n'a rien à voir avec le sucre que l'on consomme), capitale constitutionnelle de la Bolivie, bénéficiant d'un climat doux comme Cochabamba. Mais en fait, seuls les bâtiments du centre sont d'une blancheur élcatante. Le reste de la ville demeure, comme un peu partout dans le pays, fait de briques rouges donnant un aspect non terminé aux habitations.
La circulation extrêmement dense et les trottoirs noirs de monde nous ont donné un sentiment d'étouffement. La pollution me faisait tousser et le yeux de Mike piquaient. C'était encore pire qu'à La Paz où j'avais déjà mal à la gorge ! Cela me rappellelait un peu Saïgon...
Pour couronner le tout, le taxi qui nous a déposés à l'hôtel nous a sucré 25 bolivianos ! Pendant que nous mettions nos sacs, le chauffeur a démarré sans nous rendre la monnaie !
Le lendemain, l'air était un peu plus respirable et nous avons pu quand même nous ballader dans les rues. Sans tout ce traffic, cette ville aurait vraiment beaucoup de charme ! Je n'ai malheureusement pas supporté le repas de midi et il a fallu courrir aux toilettes !
Puis nous avons pris un bus de nuit pour Santa Cruz. Terrible. Déjà, le bus était moins bien que d'habitude : des sièges si proches les uns des autres que l'on peut à peine y passer nos jambes et à la place des WC, un empilement de marchandises diverses. Heureusement, le bus fera un arrêt dans un petit bled pour souper et utiliser les toilettes (avec un tonneau rempli d'eau de pluie en guise de chasse d'eau, mais au moins il y avait de l'eau cette fois), puis un arrêt à 4 heures du matin au milieu de nulle part pour faire pipi au bord de la route (heureusement qu'il faisait nuit !).
Ah oui, et environ une heure après le départ, la route s'est trouvée coupée par un éboulement : une pelleteuse faisait tomber des pierres depuis plus haut. Tous les passagers sont descendus du bus, et contrairement à chez nous, personne ne s'est énervé. Sauf le chauffeur qui a essayé de dire à la pelleteuse de stoper ses travaux pour que nous puissions passer. Au bout d'un moment, des véhicules attendant des deux côtés, nous avons pu passer !
Le trajet s'est poursuivi, 17 heures en tout, en grande partie sur une route non goudronnée nous secouant comme des milk shake ! Puis enfin voilà Santa Cruz ! Du vert partout, nous sommes du côté amazonien de la Bolivie. Et de la pluie aussi, pas mal de routes innondées. Et dire que nous ne sommes venus ici que pour nous éviter un trajet en avion supplémentaire, c'est à ce demander si cela en valait la peine ! Ce n'est en tout cas pas les bus qui me manqueront ! Mais bon, nous aurons ainsi vu un petit bout de la Selva bolivienne !
a 40 ans et va gentiment sur ses 41. Ses maîtres gringos lui ont laissé deux jours de repos qu'il a pu passer avec sa famille à Sucre pour fêter la nouvelle année 1865. Tandis qu'il prend le chemin de Potosi, Alvaro observe les hommes à la peau foncée qui travaillent dans les champs de coca.
Les gringos les ont ammenés d'une terre lointaine nommée Afrique mais ces hommes noirs sont trop grands et pas suffisamment résistants pour travailler dans les mines du Cerro Rico. Seuls les Indios comme lui peuvent supporter de telles conditions de travail.
Tandis qu'il approche de l'entrée de la mine, Alvaro jette un dernier coup d'oeil à son matériel, ses vieilles bottes tiennent encore le coup, son pantalon de toile bien que rapiécé de partout peut encore servir et son vieux casque bosselé qui lui a si souvent sauvé la vie ne le quitte jamais depuis plus de 20 ans.
Depuis combien de temps Alvaro travaille-t-il dans ces mines ? Lui même l'ignore, il n'était encore qu'un enfant quand on l'a emmené de force pour sortir le métal si précieux aux yeux des gringos.
Empoignant sa pioche, Alvaro jette un dernier coup d'oeil à Inti le dieu Soleil, il ne devra revoir ce dernier qu'après 5 mois passés dans l'obscurité des mines. Mais l'homme sait qu'il ne reverra plus ni son dieu ni les vertes vallées de l'altiplano, la toux qu'il traine depuis quelques mois ne laisse guère présager une existence encore longue.
Alvaro pénètre dans la mine, l'air au départ frais et pur se charge peu à peu de souffre et de poussière tandis qu'il s'enfonce au sein du Cerro Rico. Habitué, Alvaro prend des feuilles de coca et forme une boule dans sa joue droite. La coca donne non seulement force et endurance mais sert également à filtrer l'air vicié que respirent les mineurs.
Baissant un peu la tête pour éviter de cogner son vieux casque, Alvaro sourit et repense au jour où le propriétaire gringo était venu visiter la mine. Ah ces gringos, leur grande taille est plutôt un desavantage ici ! En tout cas les esclaves-mineurs avaient bien ri ce jour-là!
Avant de commencer son travail, Alvaro passe devant le "Tio" divinité mauvaise apportée par les gringos. En fait, les mineurs devraient dire Dio (Dieu en espagnol) mais ne parlant que quechua, ils n'arrivaient pas à dire le "D" et Dieu en quechua se dit Tieus.
Le Tio est effrayant, d'une stature imposante, la tête rappellant ses maîtres espagnols est ornée de cornes tandis qu'un regard mauvais se dégage de sa figure. Pourtant les mineurs le vénèrent, lui offre des cigarettes (car si le Tio fume la journée sera bonne), des feuilles de cocas et même des foetus de lamas.
Alvaro rend hommage au Tio et s'enfonce dans les profondeurs du Cerro Rico où l'obscurité lui semble pareille à celle du coeur des hommes, toujours plus avides de métal précieux.
Fin
ELLE
Vient d'avoir 15 ans il y a une semaine et marche la tête basse en direction du couvent de Sainte Teresa. Comme toute deuxième fille issue d'une riche famille, la vie de Solara sera exclusivement dédiée à la religion.
Vêtue d'une robe somptueuse sertie d'or et d'argent, la jeune fille chemine en serrant la main de sa mère qu'elle ne reverra que lors de rares visites.
Tandis que le groupe arrive devant le couvent et pénètre dans le cloître des adieux, Solara note la fierté qui se lit sur le visage de son père, lequel peut se targuer d'avoir pu payer les 2000 pièces d'or de dot requises pour que sa fille puisse entrer au couvent.
En outre, son père fait également amener un tableau peint par un célèbre peintre espagnol (dont Solara ignore le nom) qu'il offre en cadeau au couvent. Les racontars porteront désormais plus sur le fait qu'il ait les moyens de placer sa fille à Santa Teresa que sur ses nombreuses maîtresses!
Les plaisirs charnels, voilà bien quelque chose que Solara ne connaîtra jamais car contrairement à sa soeur aînée qui héritera du titre de noblesse et pourra se marier, elle devra faire voeu de châsteté, d'obéissance, de silence et bien évidemment de pauvreté! Sa si belle robe servira à fabriquer les habits des pères supérieurs.
Tandis qu'on lui retire cette dernière pour lui passer les habits de l'humilité, on lui coupe sa longue chevelure. Puis, on l'emmène visiter sa future demeure d'où elle ne sortira plus jamais.
Elle passe par le cloître extérieur où elle aura l'autorisation de parler 2 heures par jour et découvre sa cellule meublée de façon spartiate. La mère supérieure lui montre ensuite la salle de méditation à côté de laquelle se trouve une petite pièce remplie d'étranges instruments hérissés de pointes et de piques en métal.
On lui explique qu'il s'agit là de la salle d'auto-flagellation où elle devra se rendre après avoir passé par la salle de méditation.
Solara pense à sa vie qui jusqu'à l'âge de 15 ans semblait lui appartenir, maintenant elle vivra pour Dieu pour la plus grande gloire de ses parents.
Fin
J'ai bien évidemment inventé ces deux histoires mais elles sont tirées d'éléments réels. La visite du couvent de Santa Teresa fut instructive et me rappelle celle du couvent d'Arequipa. Malgré tout, Blandine et moi quitterons le couvent avant la fin de la visite, lassés par tant d'opulence (les familles des religieuses n'avaient de cesse d'offrir des cadeaux au couvent pour se faire bien voir) qui aurait pu être donnée au pauvre plutôt qu'être exposée.
La visite d'une des mines du Cerro Rico fut tout bonnement incroyable! Après avoir passé plusieurs parties dans la peau d'un nain creuseur de galeries du jeu Saboteur, ce fut autre chose que de se balader dans ces petites galeries, coiffé d'un casque qui m'a bien évité 10 commotions, vêtu d'une combinaison jaune et équipé d'une lampe sur mon casque, seule source de lumière dans cette obscurité!
Une expérience forte en sensation que je déconseille aux personnes souffrant de claustrophobie mais qui vaut la peine d'être vécue! On se sent humble devant ces mineurs qui passent toute la journée dans ces galeries. J'ai une pensée pour les 8 millions d'Indiens (recensés) qui sont morts dans ces mines en l'espace de 2 siècles d'esclavage. A l'heure actuelle, les méthodes n'ont pas beaucoup changé, par contre les mineurs sont organisés en coopératives et profitent un peu plus du rendement de leur travail que leurs ancêtres.
Après une journée tranquille à la Paz où il n'y a pas grand chose à faire le dimanche (même le cinéma est fermé). Nous sommes heureux de laisser derrière nous la capitale bolivienne et prenons le bus de nuit pour Potosi.
Hélas, encore une fois le trajet de nuit ne nous laisse que peu de repos et le chauffeur a la bonne idée de laisser les toilettes fermées, il faut chaque fois lui demander d'ouvrir la porte car il a peur que les hommes boliviens mal éduqués les salissent (il m'a visiblement pris pour l'un d'eux).
Malgré tout, nous arrivons plus tôt que prévu à Potosi et jouissons d'un magnifique lever de soleil. Enfin, plutôt Blandine car ma vieille connaissance la tourista revient me visiter et je cours aux toilettes à notre arrivée.
Le destin a le sens de l'humour car l'hôtel où nous descendons s'appelle "el Turista". C'est pas grave, j'ai toujours mon meilleur ami de voyage avec moi, mister imodium!
C'est en déballant nos affaires que nous constatons que le guide du routard a disparu... L'ai-je perdu durant ma course folle aux toilettes ? L'avons-nous oublié au café hier? De toute façon nous arrivons vers la fin de notre périple bolivien, il ne reste que Potosi, Sucre et Santa Cruz. Fort heureusement, le guide du routard pour l'Argentine est bien à l'abri dans le sac de Blandine.
Potosi donc! Notre dernière étape en altitude (4070 m) est connue pour deux raisons :
De part ses mines d'argent et d'étain dont regorge le Cerro Rico, montagne qui surplombe la ville et qui est toujours exploitée aujourd'hui. On parle de l'histoire de la honte en évoquant le sort de milliers d'indios morts dans ces mines pour enrichir l'Europe. Néanmoins, un certain bolivien Simon Patiño (voir notre rubrique Cochabamba) s'est enrichi grâce à ces mines.
L'autre aspect connu de Potosi, plus sympathique, est sa musique particulière où des femmes interprètent des chansons d'une voix suraïgue qu'accompagnent les hommes d'une voix très grave. L'instrument de Potosi est le charango (plus petit que le classique est plus aïgu également). Peut-être aurons-nous l'occasion de voir un groupe dans un restaurant-peña.
De retour à La Paz, nous faisons quelques derniers achats avant d'aller manger dans notre pizzeria favorite (qui a même ouvert une fois ses portes exprès pour nous !). Le lendemain, nos amis partent à 4h00 du matin de l'hôtel pour prendre leur avion et rentrer en Suisse ! Nous nous levons pour leur dire au revoir. Comme ces deux semaines en leur compagnie ont passées vite !!
Seule ma soeur Adélie reste encore une journée avec nous avant de s'envoler pour le Pérou. Nous nous rendons donc les trois à la Poste pour envoyer (encore !) un paquet en Suisse. 14 Kg à nous trois d'achats faits à La Paz ! Je dois avouer que je culpabilise un peu d'avoir acheté autant de choses. Mais tous est si joli et introuvable à ce prix en Suisse ! Nous avons craqué pour un magnifique hamac en tissu... il ne nous manquera que le jardin ! L'envoi d'un paquet nous réserve des surprises à chaque fois : un sac de toile bleue autour du carton cette fois et fermé avec du fil et une aiguille ! Mais tant qu'il arrive...
Depuis le départ d'Adélie, nous sommes à nouveau les deux pour la dernière ligne droite ! Avant de prendre un bus pour Potosí, nous marchons un peu jusqu'au seul endroit qui ressemble à un parc sur la carte de la ville. Pendant que Mike s'exerce à la musique, j'écris en ce moment assise sur l'herbe, comtemplant en face de moi les immeubles modernes du centre ville surplombés par les habitations qui remontent pratiquement jusqu'au sommet des montagnes ! Adieu La Paz !
Il s'est écoulé plus d'un mois depuis notre arrivée mouvementée en Bolivie et nous voilà de retour à Copacabana, petite ville portuaire du lac Titicaca. Nous sommes accompagnés d'une guide qui parle français et qui nous donne plusieurs explications intéressantes sur le chemin.
Arrivés à Copacabana, nous mangeons la spécialité locale, la truite avec (petit jeu pour voir si vous suivez les aventures de Blandine et Mike)
a) de la purée
b) des pâtes
c) du riz et des pommes de terre.
Nous embarquons ensuite sur un petit bateau qui nous emmène vers l'île du Soleil. Selon la légende, c'est sur cette île que Manco Capac et Mama Oclo (premier couple de la famille impériale inca) seraient apparu, venus directement du Soleil pour fonder l'empire inca.
Nous accostons aux abords d'un vieux temple qui était dédié au dieu Inti (le soleil) depuis lequel on apperçoit l'île de Quilla (la lune). La guide nous explique que des jeunes filles étaient élevées dans ce temple et étaient destinées à devenir les épouses des seigneurs de l'empire inca.
La légende raconte que lorsqu'elles apprirent l'invasion des espagnols, les jeunes princesses demandèrent à leurs servantes de leur attacher les poignets et les jambes pour qu'elles puissent se jeter au lac , évitant par la noyade la honte d'être souillées par les espagnols.
Pachamama (la terre mère) les pris en pitié et lorsque les jeunes filles se jetèrent à l'eau, un tourbillon s'ouvrit et les mères responsables furent transformées en vigognes, les jeunes filles en alpacas et leur servantes en lamas.
A leur arrivée, les conquistadors ne trouvèrent aucune des belles jeunes filles dont on leur avait parlé mais l'île était remplie d'étranges animaux leur crachant au visage.
Nous poursuivons notre route pour atteindre le village où nous dormirons. Les paysages nous rappellent beaucoup l'île d'Amantani dont le vert de l'île et le bleu profond du lac forment un ensemble enchanteur.
En attendant le coucher du soleil, le groupe se divise en deux ateliers : coiffures pour ces demoiselles qui reviennent toutes avec une tresse plaquée mode Adélie, musiques pour Michaël et moi qui nous essayons à la quena.
Le coucher du soleil sera hélas voilé par des nuages mais nous prendrons de très jolies photos du ciel étoilé. La guide nous emmène ensuite en balade nocturne et nous visitons la place de jeu d'une école où retrouvant notre âme d'enfant, nous jouons avec les balançoires et les barreaux à traverser sans toucher les pieds.
La fin de la soirée se termine sur une note étrange. En effet, ayant accepté l'invitation de notre guide, Méris, Aurore, Adélie et moi prenons un verre de vin. Le refus de boire de Michaël et Blandine semble vexer notre guide et ses amis. En outre elle nous harcèle pour savoir si je peux prêter les instruments de musique à son ami qui joue super-bien...du charango (alors que je n'ai sur moi depuis le début que des instruments à vent).
Le lendemain, étant réveillé à 6h30, je décide de gravir la petite colline qui surplombe le village. La montée n'est pas de tout repos mais la vue est géniale. Après avoir pris quelques clichés des alentours et du bout d'arc-en-ciel qui se profile à l'horizon, je m'entraîne un peu au kung-fu que j'avais délaissé ces derniers temps.
C'est alors qu'un aigle me survole à moins de trois mètres, profitant tel les condors du canyon des courants chauds pour s'élever encore plus dans les cieux.
De retour à l'hôtel je retrouve le reste du groupe avec qui nous déjeunons. La guide arrive avec ses lunettes de soleil masquant les cernes d'une nuit passée à boire en compagnie de ses amis. Nous repartons en direction du port sous un ciel bleu, parcourant les paysages vallonés de l'île.
Subitement, Adélie nous informe qu'elle a oublié sa montre vers la croix où nous nous étions arrêtés précédemment. Je décide d'aller la chercher, c'est l'occasion de voir si j'ai encore un peu d'endurance après plusieurs mois sans sport. Je ne m'en sors pas trop mal (nous sommes quand même à 4000 mètres d'altitude) et reviens avec la montre.
Arrivés au port, nous ne pouvons pas partir tout de suite, deux touristes doivent embarquer avec nous mais l'une des deux n'a pas son sac-à-dos. La pauvre étant victime du soroche (jeu numéro 2 : soroche = diarhée ou mal d'altitude?) son guide, en bon gentleman, lui a proposé qu'elle lui laisse son gros sac qu'il amènera directement au port. Seulement, pas de guide et donc pas de sac à l'horizon.
Notre guide à nous demande de prendre un air fâché et de crier pour qu'on se dépêche de partir. Nous refusons par solidarité envers les malheurs de cette pauvre touriste déjà malade. J'explique à notre guide que notre problème n'est pas d'attendre mais plutôt cette infecte odeur d'essence que répand le moteur du bateau.
Finalement le sac arrive et nous pouvons regagner Copacabana. Nous posons nos affaires dans l'hôtel situé sur la montée raide nommée "calvaire" et partons manger des lasagnes dans un restaurant proche de l'hôtel.
La guide commence à me fatiguer un peu, elle pose des questions mais n'écoute pas les réponses. J'ai beau lui dire que nous pouvons compléter si le repas dépasse le budget et que des petites portions nous conviennent très bien, il me faudra m'y reprendre à 5 fois avant de la convaincre!
Après l'avoir suivie dans la visite de Copacabana et avoir vu une énorme tête inca sculptée à même le mur, nous sommes heureux de la laisser et pouvons profiter de nous promener seuls cette jolie ville.
Encore une fois nous visitons les boutiques d'artisanat. Deux derniers faits notables, la rencontre avec un chien qui nous suivra un bon bout que Michaël appellera Toto et le souper dans un très mauvais restaurant, bon on ne peut pas toujours avoir de la chance à ce niveau là. Mais nous en avons bien ri, c'est le principal.
Dernier jour de l'an ! Et nous le passons à La Paz, la plus haute capitale du monde ! Nous passons la soirée dans une "peña", à manger de la viande de lama au rythme de la musique et de la danse traditionnelle en costume. Malheureusement, l'établissement ferme à 22h30. Fatigués par notre nuit dans le bus (je revivais "le salaire de la peur"en direct), nous attendons minuit en jouant au "saboteur" dans le hall de l'hôtel puis nous écroulons dans nos lits !
Le lendemain, nous retournons dans la rue marchande et faisons des folies ! Il y a un tel choix d'artisanat à vendre ! Tout est joli et nous avons envie de tout acheter (enfin, sauf les foetus de lamas séchés, ça c'est un peu morbide)! Je n'arrive même pas à compter tout ce que nous avons acheté à nous six : pulls en alpaca, sacs colorés, instruments de musique, ponchos, pantalons, vestes et autres... Mais bon, c'est beaucoup moins cher que chez nous et on ne reviendra pas de sitôt ! (Mais du coup, nous allons devoir envoyer un nouveau paquet en Suisse...)
Le jour suivant, nous visitons le site archéologique de Tiwanaku, une civilisation plus ancienne que les Incas. Nous avons du mal à trouver un bus pour nous y rendre, car nous sommes un jour férié. Mais le chauffeur de taxi nous en a trouvé un dans les hauts de La Paz et nous voyageons comme les locaux. Quelle différence entre le centre de la ville, moderne, au fond d'une sorte de cuvette et "l'alto", 800 mètres plus haut, beaucoup plus pauvre ! Le site de Tiwanaku est intéressant, mais ne nous a pas vraiment impressionnés. Peut-être parce que nous en avons déjà vu tant au Pérou ou parce qu'il a plu tout du long !
Encore un dernier jour de shopping et de visite du musée de la coca, avant de nous rendre au lac Titicaca !
Nous avons dormi dans la ville de Villa Alota qui se trouve dans la région de Sud Lipez. Avec sa grande rue, elle fait un peu penser à un village de Western. Michaël et moi simulerons un duel digne de John Wayne avec nos appareils photo (au lieu de pistolets) sous le regard amusé des autres.
Après le petit-déjeuner, nous embarquons à bord du 4x4 et suivons la route qui traverse le haut plateau ceint de montagnes au sommet enneigé. Après quelques kilomètres, nous atteignons un champ de rocher aux formes singulières. Ici un condor, là-bas un puma, notre imagination vagabonde et nous fait voir à travers ces pierres toutes sortes d'animaux.
La Bolivie compte environ 10 millions d'habitants, soit 3 de plus que la Suisse, mais la différence est que les gens se partagent un territoire qui fait deux fois la France! Voilà pourquoi on trouve des régions aussi désertes que celles que nous traversons. Il n'y a aucune habitation sur des dizaines de kilomètres.
Après avoir croisé quelques lamas, pris des photos d'un volcan marquant la frontière avec le Chili, nous atteignons une lagune (qui ne sent pas très bon). Moises nous prépare un bon repas que nous mangeons en contemplant les seigneurs des lagunes, les flamants roses.
La route reprend et le paysage devient encore plus desertique, les petites touffes d'herbe disparaissent pour laisser une terre nue à perte de vue. Nous atteignons le point d'entrée de la résèrve d'Eduardo Avaroa, célèbre militaire qui participa à la guerre contre le Chili que la Bolivie a perdue, ce qui privera cette dernière de son accès à l'océan.
Nous payons le droit d'entrée de 150 bolivianos et nous dirigeons vers un lieu aussi incroyable que somptueux, la lagune colorée. Imaginez une eau rouge sur laquelle se trouvent des milliers de flamants roses! La couleur de l'eau provient de l'algue rouge qui pousse dans ses profondeurs.
Le jeu de couleur entre la lagune, le sol, les montagnes et le ciel nous laisse sans voix. Nous nous promenons et rencontrons d'un côté de fiers lamas qui posent pour nos photos et de l'autre, de timides vigognes qu'il faut approcher doucement. Après avoir mitraillé le vol des flamants, nous regagnons le campement où nous passerons la nuit.
En attendant le repas, Méris propose de jouer à Time's up. C'est un jeu plutôt amusant où chaque équipe écrit sur des bouts de papiers des noms de personnages célèbres. Le but est de faire deviner à ses coéquipiers le nom de ces personnages en moins de 30 secondes. Au premier tour on peut donner une description, au deuxième on n'a le droit qu'à un mot et au dernier (le plus marrant) il faut mimer le personnage. Autant vous dire que l'on a bien rigolé!
Le lendemain, nous nous levons à 4h30 pour aller voir les geysers. Les jeunes nous confient avoir mal dormi, leurs coeurs battant trop rapidement pour compenser le manque d'oxygène. Notre voiture qui montrait déjà des signes de faiblesses avance très lentement et nous sommes dépassés par tout le monde. Heureusement, au bout d'un moment un autre guide s'arrête pour aider Moises à réparer, suivit bientôt par d'autres (ils seront bientôt 4 autours du moteurs), une belle marque de solidarité.
Vaille que vaille, nous atteignons le lieu d'où s'échappe les geysers, à 5000 m d'altitude, colorant l'air d'une forte odeur de souffre. Pour ceux qui connaissent le Seigneurs des Anneaux, je crois que nous avons trouvé là le Mordor!
Nous nous rendons ensuite aux sources thermales dont l'eau est à environ 30 degrés. S'il est agréable de pouvoir se baigner (surtout après 2 jours sans douche), l'eau chaude fait baisser la pression et la pauvre Méris en fera les frais. Etant déjà à plus de 4000 mètres d'altitude, le soroche (mal d'altitude) couplé avec la sortie de l'eau chaude la rendra malade.
Arrivés les derniers, Moises nous demande de nous dépêcher car nous devons encore nous rendre à la Lagune verte. Sur le chemin nous rencontrons le désert de Salvador Dali, surnommé ainsi pour les rochers aux formes étranges qui le peuplent. Tous nous imaginons le nombre de film qui pourrait être tourné dans ces décors improbables.
C'est alors que Moises nous demande si nous voulons vraiment voir la lagune verte. En effet, la voiture subit une panne électronique (si c'était mécanique il pourrait réparer facilement), la faisant avancer à un rythme de tortue dans les montées. Nous décidons de renoncer à la lagune verte car nous manquerions notre bus pour la Paz si nous y allons.
Sur le chemin du retour notre 4x4 se retrouve face à une montée qu'il ne peut franchir avec nous dedans. Nous devons donc descendre et marcher un bout, ce qui se révèle encore plus pénible pour Méris déjà malade. Heureusement, un autre guide s'arrête et nous propose de grimper sur le toit de son 4x4 et nous amène en haut (c'était plutôt amusant).
S'ensuit un long retour jusqu'à Uyuni où la Para (pluie) s'abbat sur notre chemin. Heureusement, Méris se sent mieux et nous atteignons finalement Uyuni et embarquons dans notre bus de nuit pour La Paz. Le voyage sera mouvementé (et c'est peu dire), le chauffeur fonçant à toute vitesse sur une piste de terre comprenant de nombreux trous. Malgré ça (ainsi qu'une panne de moteur qui sera réparée) nous parvenons à dormir et regagnons la Paz.
Pour notre dernier petit déjeuner à Cochabamba, Sandra et sa famille nous ont préparé une spécialité : api con pastel. C'est une boisson chaude, épaisse et sucrée à base de maïs violet qui se consomme accompagnée d'une sorte de chausson au fromage. Délicieux mais copieux !
Puis l'agence de tourisme vient nous chercher et une femme nous accompagne dans le bus jusqu'à Oruro, la ville "moche", selon Daniela, la fille de Sandra. En fait, c'est comme toutes ces villes situées dans une région désertique et dont les bâtiments ne sont pas peints et les routes pas toutes revêtues : on a l'impression que ce n'est que de la terre. Au passage d'un col à 4800 m, je ne me sentais pas bien : j'avais le sentiment qu'un poids m'écrasait la poitrine. A part Aurore qui a senti sa tête compressée, les autres n'ont pas été gênés par l'altitude. Pour le repas de midi, nous avons eu des portions gigantesques, imaginez un nugget géant couvrant les deux tiers de l'assiette !
L'employée de l'agence nous a ensuite mis dans le train pour Uyuni, une des rares lignes ferroviaires de Bolivie. Une train pas très rapide qui roule au milieu de ... rien. Un plateau à perte de vue, quelques touffes d'herbes et des montagnes. Nous avons soupé dans le wagon restaurant et sommes arrivés à 22h30 à Uyuni, ville semblant à moitié abandonnée dans une zone aride à 3600 m d'altitude. Un employé de l'agence nous attendait à la gare avec un panneau "Randine Ratin". J'ai supposé que c'était moi et nous avons été conduits à l'hôtel.
Le lendemain, c'était le grand départ pour le désert de sel ! Moises, notre guide-chauffeur-mécanicien (et un peu cuisinier) est venu nous chercher en 4x4. Nous avons commencé par un cimetière de trains à vapeur abandonnés là par des Européens à la fin de l'exploitation minière. La pluie menaçait, mais heureusement Inti ne nous a pas abandonnés et nous avons eu du ciel bleu à notre arrivée dans le salar !
La vue dans le désert de sel est à couper le souffle : du blanc à perte de vue (si l'on fait abstraction des autres touristes), un horizon parfaitement plat, un ciel bleu profond et des nuages semblant avoir emprunté la couleur du sel ! Et quelques zones inondées où le ciel et le sol se confondent ! Nous profitons de faire de nombreuses photos. Inti est impitoyable et le pauvre Michaël terminera la journée rouge fluo.
Pour le dîner, notre guide sort des casseroles du coffre et nous mangeons du poulet, des patates et du riz sur le capot de la voiture au milieu du désert de sel !
Nous quittons ensuite le salar pour poursuivre notre route en direction du Sud Lipez, région du sud de la Bolivie. Aux abords de la ville, nous traversons un champ de plastique : d'inombrables déchêts emportés par le vents et restés piégés par la végétation. La route, non goudronnée, est ensuite bloquée à un endroit par un bus qui s'est embourbé. Moises décide alors de contourner l'embouteillage par le côté. Avec une 4x4, tout est possible ! Nous faisons encore un arrêt pour donner notre roue de secours à la voiture de derrière qui a crevé. (Et comment on fera si c'est nous qui crevons après ?). Nous en profitons pour aller faire pipi. Il n'y a pas d'arbres à cette altitude, seulement des petits buissons ...
Nous arrivons enfin dans un tout petit village quasi fantôme où nous mangeons et passons la nuit. Fin de cette journée où nous avons vu des paysages absolument surnaturels !
Samedi 24 décembre, après un tour en ville, nous passons Noël avec la famille de Sandra. Nous devons resté éveillés jusqu'à 23h30, heure à laquelle nous goûtons la spécialité que la famille mange à chaque réveillon, la picata, une soupe comprenant quatre type de viandes.
Le repas fini, nous nous dirigeons vers l'arbre de Noël où se trouvent un montagne de cadeaux, la majorité étant pour la petite Camila évidemment. Cette dernière est gâtée par tout le monde.
Le lendemain, nous nous rendons une dernière fois à San Ignacio pour que je puisse faire mes adieux. Nous acceptons l'invitation de rester pour l'almuerzo, qui sera servit vers 14 heures. La cuisinière étant en congé, se sont les jeunes qui cuisinent un pique macho (un plat comprenant du riz, des frites, des bouts de saucissse et de viande, un oeuf et des légumes). J'ai encore droit à des applaudissements pour mon travail et nous laissons derrière nous l'orphelinat.
Le soir, nous prenons un taxi pour nous rendre à l'aréoport et attendre l'arrivée de Méris, Adélie (les deux soeurs de Blandine) ainsi que leurs amis, Michaël et Aurore. Le chauffeur semble pressé car nous gagnons l'aréoport en un temps reccord.
Peu de temps après débarquent enfin nos petits scouts en vadrouille. Ils nous racontent leur voyage mouvementé où ils ont dû prendre 5 avions différents pour venir à Cochabamba. Heureusement, tout le monde est là et il ne manque pas de bagages. Nous les emmenons chez Sandra (qui a généreusement proposé de les héberger) où ils peuvent enfin se reposer non sans nous avoir remis plusieurs cadeaux à notre attention ainsi qu'une montagne de chocolat suisse.
Le lendemain, Blandine et moi leur faisons visiter une partie de la Cancha, surtout l'allée où se vend l'artisanat bolivien qui rencontre un franc succès chez ses demoiselles, lesquelles vont dévaliser les boutiques pour le plus grand plaisir des commerçants.
Après la Cancha, nous trouvons un restaurant où se sert une spécialité de Cochabamba, le Sillpancho (une couche de riz, une couche de pomme de terre, une couche de viande fine et une couche d'oeuf, le tout recouvert par des tomates). Pour ma part, je ne mange qu'un sandwich au poulet, j'ai en effet passé une mauvaise nuit après le Pique Macho que je n'ai pas digéré (même s'il était très bon).
Après un tour dans une rue artisanale qui se situe près de la place centrale, quelques achats supplémentaires et pour Adélie un fil de perle attaché en un temps reccord dans ses cheveux, nous décidons de boire un café. C'est alors qu'une pluie quasi tropicale se met à tomber.
Nous regagnons la maison de Sandra en prenant deux truffis, le trajet est impressionant car les rues sont inondées! Nous voyons passer des motos où le pilote a de l'eau jusqu'au genoux! Suite à cette animation imprévue, nous retrouvons la maison et y prenons un thécito. Puis nous allons dormir, demain nous partirons pour le Salar d'Uyuni.
Le concours de déco étant passé, j'ai à nouveau pu passer du temps avec les enfants. Nous avons joué au Uno (les cartes montrent déjà des signes d'usure !) puis au Memory, qu'ils ont adoré ! Luz Clarita m'a même demandé de faire des cartes en plus. Nous nous y sommes mis, avec Anderson qui en a dessinées plusieurs et Jonhi qui les a découpées. Je les ai ensuite plastifiées tant bien que mal avec du scotch pour qu'elles durent un peu. Il y a ensuite eu une distribution de chaussures et chaque enfant en a eu une nouvelle paire.
Le lendemain, c'était le dernier jour... Comme ce mois a passé vite ! Nous avons joué avec le nouveau Memory fait maison et je dois dire que certains petits sont vraiment doués ! Nous avons aussi fait, avec les grandes, une partie du jeu d'échelles que j'avais fabriqué. Elles ont bien ri, surtout que c'est moi qui ai dû commencer par courir trois fois autour de la casita, pendant qu'une autre devait faire un puzzle représentant une carte de la Bolivie. J'avais aussi amené de la pâte à sel et les plus petits y ont passé un bon moment. Les deux grandes quant à elles, se chamaillaient pour jouer avec mon natel !
Lorsque le moment de m'en aller est arrivé, je leur ai distribué leurs petits cadeaux : des dragons pour les garçons et de jolies pinces à cheveux pour les filles, avec des élastiques pour les plus grandes et des marionnettes à doigts pour les petites. Anderson m'a demandé si je reviendrai un jour. Peut-être, qui sait ? Deux petits m'ont sauté dans les bras. J'avais une petite larme à l'oeil en partant !
Ces enfants étaient vraiment attachants, autant les petits que les grandes ! Même si je n'ai pas pu faire beaucoup de choses avec eux (et à vrai dire ne savais pas vraiment ce que j'étais sensée faire), je ne peux pas dire que je sois déçue. Ils ont aimé les jeux que je leur ai amenés et étaient toujours contents de me voir. C'était une très belle expérience que je n'oublierai jamais !
Nous y voici enfin, mardi 20 décembre, jour où l'orphelinat de San Ignacio (où je travaille) invite l'orphelinat de Cuidadela (où travaille Blandine) et surtout où le groupe Uzumaki va donner son grand concert!
Bon, nous n'avions pas prévu les deux clowns et le magicien invités pour distraire les enfants! Leurs numéros très amusants au début se sont éternisés et les enfants fatigués et lassés sont partis jouer. Le groupe joue donc devant un public restreint, mais qu'importe! Le succès est au rendez-vous!
Ma mission se termine demain et je crois l'avoir menée à bien! J'ai reçu un grand nombre de félicitations de gens impressionés que les jeunes aient pu apprendre à jouer ensemble en moins de 4 semaines! Beaucoup m'ont dit qu'ils étaient heureux de connaître quelqu'un comme moi et même la directrice de project abroad Bolivie m'a dit "Chapeau bas pour ce que tu as réalisé".
Ils oublient que je n'étais pas tout seul dans cette aventure! J'avais le soutien de ma famille, de mes amis et de mon groupe, c'est ensemble que nous avons réalisé ce projet, sans compter le talent et l'envie d'apprendre des jeunes.
J'ai pris énormément de plaisir à travailler avec les enfants et les jeunes, c'était une première pour moi. Le jour où ils ont reçu des cadeaux, l'un des petits m'a dit "Tio, tu ne reçois pas de cadeau toi?", je lui ai répondu par un grand sourire.
En effet, j'ai reçu bien plus que je ne pourrais jamais donner! Je pense être grandi par tous ces échanges qui ont bien plus de valeur que tous les cadeaux que l'on pourrait m'offrir. Dans combien de travail on vous accueille avec un "Tiiiiiiiiiiiiiooooooooooooo" et l'on se jette dans vos bras avec un grand sourire?
Je suis d'autant plus content que ce projet ne va pas se terminer avec mon départ, ce grâce à l'aide de Freddy qui m'a trouvé un professeur de musique. Ce professeur commencera début janvier 2012 et viendra donner des cours trois fois par semaine, je l'ai vu à l'oeuvre, croyez-moi il connaît son affaire!
Alors voilà, si d'aventure vous voudriez aider à financer un projet concret dans lequel j'ai travaillé et dont je suivrais personnellement le déroulement, n'hésitez pas à prendre contact avec moi.
Demain sera mon dernier jour, mes petits lobitos attendent avec impatience leur surprise! Je leur ai acheté des petits dinosaures en plastique qui devraient leur plaire.
Je tiens encore une fois à remercier tous celles et ceux qui m'ont soutenu, ma famille, mes amis, mon groupe et vous souhaite un jour de vivre une expérience similaire à la mienne.
Je concluerai en vous adressant avec une grande sincérité, mes voeux pour un JOYEUX NOEL!!! Que vous soyez en famille, entre amis ou même seul, vous qui lisez ces lignes, ce bon vieux Mike pense à vous!
Nous voilà déjà à notre dernière semaine avec les enfants... Lundi, nous étions de corvée haricots cette fois. Des sortes de pois géants à peler, mais heureusement, c'est plus vite fait que les carottes ! Les enfants ont reçus des habits neufs, ils étaient tous contents ! Les vieux ont été brûlés dans la cour.
Nous nous sommes remises au travail pour la décoration de la casita, la tia Mariela, moi et les deux grandes. Pendant ce temps, j'entendais les autres jouer au Uno ! Nous avons fait deux grosses cloches de noël sous lesquelles Mariela a suspendu les noms des enfants et des tias. Je suis la tia Blandy, mais bon, j'ai renoncé à ce qu'on comprenne correctement mon nom depuis que nous sommes en Amérique du Sud ! La tia m'a demandé d'acheter encore une guirelande lumineuse pour le sapin et de la mousse pour la crèche. Une petite a cassé une autre guirelande. J'ai démonté le boîtier mais n'osais pas trop toucher à ces fils. Heureusement, Freddy est arrivé à ce moment-là et je lui ai demandé de la réparer,ce qu'il a réussi !
Mardi, je suis venue le matin, ai mangé avec eux puis nous nous sommes rendus à l'orphelinat où travaille Mike. Les garçons de son groupe de musique ont eu un certain succès auprès des filles de Ciudadela ! Et moi, je suis vraiment impressionnée par le travail que Mike a réalisé avec ces jeunes en moins de 4 semaines !
Le lendemain, c'était le jour du grand concours de la plus belle casita avec une télévision écran plat à la clé ! Nous espérions gagner, mais je dois dire que les autres maisons étaient aussi bien décorées et certains enfants avaient même préparé une chanson pour accueillir le jury et d'autres étaient costumés et présentaient une crèche vivante. Cela a fait la différence et nous sommes arrivés 4 èmes sur 7. Mais toutes les casitas ont reçu des prix et la première a même légué la télévision à une autre maison qui en avait plus besoin !
Il y a ensuite eu des spectacles préparés par les petits du jardin d'enfants et quelques danses effectuées par des plus grands. Puis Mike m'a rejoint pour visiter le lieu et nous sommes partis pour envoyer ma guitare et un autre paquet (nous avons acheté trop de choses !) en Suisse. ça a été un peu plus vite que la première fois, mais il a quand même fallu emballer le carton dans du papier brun !
Nous avons ajouté les photos sous l'album Project Abroad :